SOCIETY OF AFRICAN MISSIONS

Élections in Africa

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 electionL’ambiguïté qui entache le processus électoral au Gabon avec des déclarations lapidaires de part et d’autre nous invite une fois de plus encore à réfléchir sur la question des élections en Afrique.

En effet, les élections en Afrique font toujours naître des tensions voire même des guerres. Chaque fois qu’il y a des élections en Afrique, le ciel s’assombrit, les frères d’ hier se regardent subitement en chien de faïence et le sang coule à flot. L’unique question qui émerge des cœurs est celle-ci : pourquoi devons nous toujours en arriver à la violence ? Pourquoi, en général en Afrique l’élection est synonyme de guerre ? Plusieurs raisons peuvent être évoquées pour essayer de comprendre cette déchéance politique qui minent et détruit l’avenir de tant d’innocents sur le contiennent depuis des décennies. Dans un premier temps, il faudrait souligner sans risque de se tromper que nombreux sont nos pays Africains qui manquent énormément d’institutions fortes, indépendantes, capables de mener à bien la mission électorale qui leur ait confiée sans toute fois se laisser contrôler, influencer ou corrompre par de quelconques politiciens. L’analphabétisme politique des populations africaines, qui les poussent à orienter leurs choix politiques non sur la base de programmes politiques établis mais sur la base des critères tribaux, claniques et ethniques, continuent d’être exploité par des acteurs politiques généralement mal intentionnés dont le seul objectif est de diviser pour régner. Le manque cruel de civisme, durant les campagnes électorales de la part des candidats à travers des écarts de language affreux, préparent les esprits à la guerre en cas de défaite pour essuyer l’affront plutôt que d’accepter avec humilité le résultat des urnes. La politique egocentrique de nos États Africains réduit le jeux politique à des personnes voir même à des individus créant des bloques ouvrant ainsi le chemin à des affrontements qui pour la plupart du temps dégénèrent en guerre civils surtout quand on sait qu’ en Afrique on a plus de politiciens improvisés que de politiciens avertis, aguerris. Le manque de patriotisme vrai et authentique de la part des candidats fait que leurs intérêts personnels priment toujours sur l’intérêt suprême de la nation. On a de véritables ventriloques qui ne jurent que par la politique de leur ventre. Le refus de l’échec, de la défaite donne l’impression que le jeu politique est uniquement pour les gagnants et que celui qui perd n’est qu’un gagnant dont la victoire fut volée. La pression trop forte des puissances étrangères, des multinationales dans le jeu politique électoral de nos États Africains empoisonnent l’atmosphère et parfois entraine nos leaders vers des chemins dont l’unique issue est de sacrifier la vie des populations. Que faire pour sortir l’Afrique de cette impasse ?

Il faudrait souligner, dans un premier temps que quand bien même que le climat politique surtout électoral africain n’est pas réjouissant, certains pays africains, tels que le Nigéria, le Sénégal, le Burkina-Faso, le Bénin, le Kenya, la Tanzanie, l’Afrique du Sud, le Ghana, dans la douleur ont fait des pas en avant et se présentent aujourd’hui comme des modèles à suivre. En effet, il est grand temps de doter nos États africains d’institutions fortes et indépendantes avec à leur têtes des hommes intègres et dignes qui inspirent et transpirent les valeurs de justice et de vérité. Il faut aussi une éducation politique et surtout électorale de nos populations en intégrant dans nos systèmes éducatifs dès le bas niveau des programmes qui préparent nos jeunes générations au jeu politique électoral. L’éducation est la clé du salut. C’est par la formation des consciences politiques électorales que nous pourrions former des hommes et des femmes prêts à relever le défi. Par l’éducation, nous arriverons à emmener nos jeunes générations à dépasser les différences tribales et claniques pour embrasser les valeurs républicaines et en faire sien. Au cœur de ces valeurs républicaines se trouvent l’ intérêt suprême de la nation qui transcende tout intérêt personnel ; le civisme et le respect d’ autrui qui invite à plus de modestie et d’ humilité dans les rapports les uns envers les autres ; l’ acceptation de la défaite comme partie intégrante du jeu politique électoral ; le rejet à bloque de la politique égocentrique basée sur des personnes, des individualités pour une ouverture aux programmes politiques alléchants et promoteurs d’ un avenir meilleur. Par-dessus tout, il faut un éveil international qui emmènent les puissances étrangères et les multinationales à respecter l’intégrité et l’indépendance des États Africains afin que les africains puissent choisir en toute liberté et en toute conscience leurs leaders. Le chemin de l’émergence qui est devenu aujourd’hui le refrain politique de tant de pays africains passe nécessairement par la voie des élections démocratiques.

 

Donald ZAGORÉ, Sma